Le bassin havrais, siège d’une expérimentation sur la thématique de l’alerte

L’alerte en cas d’accident majeur (industriel, naturel ou autre) pose de nombreuses questions dans la gestion de l’information.

 

Qui alerter ? Quant alerter ? Où alerter ? Comment alerter ?

 

Les sirènes, les haut-parleurs ou les messages par smartphones constituent un ensemble d’outils permettant d’alerter la population.

Dans l’optique de l’échéance du 21 juin 2022, faisant suite au décret de 2018 stipulant que les pays de l’Union Européenne ont obligation de mettre en place un système d’alerte fonctionnel, un cas de figure se pose. En effet, faut-il privilégier le cell broadcast, qui est plus rapide que le SMS « traditionnel », mais celui-ci nécessite d’avoir en sa possession un smartphone ? Ou faut-il opter pour le SMS, plus accessible, mais plus long à arriver, ce qui ralentit l’alerte ?

 

L’alerte constitue un véritable enjeu contemporain, d’autant plus que de grandes échéances arrivent sur le territoire français (Coupe du Monde de Rugby 2023, Jeux Olympiques 2024, …), qui nécessiteront de disposer d’un système d’alerte optimal et performant, en cas d’accident majeur.

Ce système d’alerte fait actuellement l’objet d’un programme de recherche financé par l’Agence Nationale de Recherche (ANR) et le Secrétariat Général de la Défense et Sécurité Nationale (SGDSN), et porté par l’Université d’Avignon, ainsi que la société ATRISC : Cap 4 Multi’Can Alert.

Dans le cadre de ce projet, une série d’expérimentations a eu lieu les 12 et 13 Octobre 2021 sur le territoire havrais. Divers établissements ont été mobilisés : une école (école maternelle Langevin-Wallon de Gonfreville l’Orcher), des sites industriels (Sedibex, SEPP), des riverains de la ZIP du Havre (Le Cormoran, Caserne des Pompiers du Havre Sud) et autres ERP (TGS, VM Matériaux). Les volontaires de ces établissements ont été mobilisés afin de recevoir des SMS, écouter des sons ou des messages d’alerte. Le but recherché était d’obtenir un avis sur le son de la notification, la forme du message, le contenu, la tournure des phrases et la taille du message.

 

Un grand intérêt national est porté à cette expérimentation.

Tout d’abord parce que le territoire havrais est un territoire reconnu et réputé en termes de gestion/prévention des risques majeurs. Ensuite parce que l’enquête réalisée dans le cadre de ce programme de recherche fera l’objet d’une restitution nationale, qui permettra ensuite d’opter pour un message d’alerte le plus pertinent et le plus optimal (forme, longueur et qualité du message, perception, linguistique, …) dans le cadre d’évènements nationaux de grande ampleur et arrivant à grands pas.

 

Cette expérimentation associant le support de l’Office des Risques Majeurs de l’Estuaire de la Seine (ORMES) et SYNERZIP-LH, s’est déroulée en étroite collaboration avec le groupe de recherche.